Chers Frères et Sœurs,

Voilà donc 50 ans que l’abbé Georges Collet fondait cette paroisse se et créait une communauté chrétienne dans ce quartier. Il a marqué tous ceux qu’il rencontrait par sa franchise, sa cordialité, son accueil de tous, son esprit d’initiative, sa « grande gueule », son art de la cuisine, sa connaissance de l’Italie et de la Sicile. Il est quelqu’un qui a donné de l’espoir à tous ceux qu’il voyait. Il était un peu comme Jean-Baptiste au désert. Jean-Baptiste aussi parlait fort, il criait en parlant. Il était convaincu de ce qu’il racontait. Il disait aux gens leurs quatre vérités. Il les invitait à leur tour à être francs et à reconnaître leurs péchés. Georges Collet aussi était comme cela. Il invitait ses interlocuteurs à s’exprimer. Il donnait la parole aux gens, il les faisait parler. Il demandait des nouvelles.

Certes Georges n’était pas habillé comme Jean-Baptiste ; celui-ci portait une peau de chameau sur le corps et une ceinture de cuir à la taille. Georges n’avait pas de peau de chameau, mais un grand tablier bleu de cuisinier : c’est à peu près la même chose : c’est un vêtement de travail. Une autre différence c’est que Georges préparait très bien à manger, tandis que Jean-Baptiste ne mangeait que des sauterelles et du miel sauvage. C’est maigre, mais c’est écologique. C’est bien choisi. Là il rejoint Georges. Si Georges cuisinait si bien, c’est parce qu’il recevait bien. Il voulait vraiment être convivial. Et Jean-Baptiste aussi est convivial : il attire toute la Judée à lui et tout Jérusalem. Qui dit mieux ? Aujourd’hui les gens préfèrent rester chez eux devant leur TV ou leur ordinateur. On ne va plus trop à la messe. C’est dur de faire bouger les gens ! Il y a juste quand l’évêque vient que c’est plein !

Donc je retiens de tout cela le goût de former une communauté vivante : c’est une base de la vie chrétienne. C’est un atout que vous avez ici, un atout à garder, à valoriser. La deuxième chose que je retiens, c’est de savoir parler fort pour donner de l’avenir aux gens. Jean-Baptiste donnait un avenir : il annonce la venue de Dieu, la venue de celui qui vient après lui ; puis il invite à la conversion des péchés et au changement de vie.

C’est une bonne nouvelle. « Commencement de la bonne nouvelle (Evangile) de Jésus-Christ », dit Marc (Mc 1,1-8) – le seul à intituler ainsi son évangile. Dieu vient dans nos murs. Il annonce que le salut est pour tous. Comme un berger, il prend soin de ses agneaux et des brebis qui allaitent.

L’homme peut se convertir. On a besoin de la bonne nouvelle de l’amitié.

Il nous faut donc quitter le confort de nos Jérusalem, pour nous aventurer au désert et écouter la voix de Jean-Baptiste !

En conclusion, soyons donc dans la chaîne de ceux qui ont une bonne nouvelle à annoncer ! Convertissons notre cœur ! On peut changer : il y a un avenir pour tous ! Ici aussi !

+ Jean-Pierre Delville, votre évêque.