Chers Frères et Sœurs,

Nous voici rassemblés, dans cette liturgie d’aujourd’hui, pour la clôture de la saison de pèlerinages. Nous sommes là comme Dieu le suggère : il veut rassembler toute l’assemblé pour un repas de fête, nous dit le prophète Isaïe (25,6-9). Et Jésus nous raconte la parabole des invités à la noce (Mt 22,1-14).

Évidemment, c’est un évangile assez secouant ! Moi je l’appelle la parabole du plan B ! Pourquoi ? Il s’agit d’une parabole où Jésus parle d’un roi qui invite des amis aux noces de son fils. Mais les invités se font excuser et personne ne vient ; or les animaux sont déjà tués pour le festin, et il n’y avait pas de frigo à l’époque ! Vous imaginez l’urgence d’avoir des invités pour remplir la salle de noces et honorer le jeune couple qui se marie. Un mariage sans invités, ce serait triste !

In dieser Hinsicht ist das Gleichnis vom Hochzeitsmahl sehr deutlich. Die Hauptfigur ist ein König, der zunächst ein Hochzeitsmahl für seinen Sohn vorbereitet und dann seine Diener aussendet, um die Geladenen rufen zu lassen. Als diese den Ruf der Diener hören, lehnen sie die Einladung ab.

The meaning of the parable of the banquet is clear. The protagonist of the parable is a king who, having prepared a wedding banquet for his son, tells his servants to go and call those whom he has invited. After hearing the call from the servants, the invitees refuse the invitation.

In deze parabel, zien we dat de uitgenodigden aan de bruiloftmaaltijd de uitnodiging af zeggen.

Alors face à cet échec, un coup de théâtre se produit : le roi échafaude un plan B : il appelle à la noce n’importe qui, les bons et les mauvais. Jésus représente ici dans la parabole ceux qui le suivent quand même : les gens de la rue, les gens sans formation, sans morale sûre, les suspects. Tous sont accueillis par le roi ; le roi a changé de visage ; il n’est plus le maître impitoyable, l’image du Dieu lointain, qui châtie et rend justice sans pitié. Il est l’image d’un Dieu proche, généreux, sensible, accueillant, sans façon. Ainsi les invités sont flattés de l’invitation, ils sont valorisés par cet accueil du roi, qu’ils n’avaient jamais imaginé rencontrer un jour. Ces nouvelles gens, ces nouveaux invités de 3e catégorie, ces héros du plan B, c’est le vrai peuple de Dieu, ce sont eux l’épouse, la nouvelle famille du roi !

Jesus sagt, dass alle geladen sind. Wer kommt, wird aufgenommen. Es kommt nicht auf größere oder kleinere Verdienste an, auch nicht auf ein gutes oder weniger gutes Gewissen. In diesem Saal sind Heilige von Sündern, Reine von Unreinen nicht zu unterscheiden.

Jesus says that everyone is invited and whoever arrives is welcomed; it does not matter if one has many or few merits, nor if one feels righteous or not. In that banquet hall one can not distinguish who is a saint and who is a sinner, who is pure and who is impure.

Jezus zegt dat allemaal uitgenodigd worden op de feestmaaltijd.

Chers Frères et Sœurs, ce message de la parabole retentit à nos oreilles de chrétiens du 21e siècle. Où sommes-nous comme peuple de Dieu, comme communauté d’amour, appelée à l’intimité avec le fils de Dieu ? Nous sentons-nous appelés malgré notre indignité ? Nos frères humains, bons et mauvais, propres ou sales, fréquentables ou non, sont-ils appelés à être membres de notre famille nouvelle, de notre famille recomposée ? Voilà la question qui nous est renvoyée à nous, comme communauté chrétienne. Sommes-nous accueillants à tous ? Sommes-nous prêts à créer cette nouvelle famille humaine que Jésus suscite ? Ici à Banneux, en tout cas, nous sommes rassemblés, de tous horizons, de toutes conditions, grâce à la Vierge des Pauvres. Chacun de nous reconnaît sa pauvreté et participe au repas auquel Dieu l’invite. Nous rendons grâce en cette fin de saison des pèlerinages pour toutes les personnes qui sont venues en pèlerinage ici à Banneux au cours de l’année écoulée. Nous remercions le Seigneur, qui les a accueillies ici, au pied de la Vierge des Pauvres.

Mais une invitation implique une réponse personnelle. À la grâce de Dieu qui nous incite tous, correspond la réponse de l’homme qui se décide personnellement. C’est ce qui est évoqué dans la finale de la parabole. Elle nous présente un invité qui n’a pas revêtu l’habit de noce. Subitement le roi redevient sévère et met l’homme à la porte. Que signifie cet habit de noce ? C’est le signe de la reconnaissance ! Quand on a fait l’objet d’une invitation, l’objet d’un grand honneur, on répond par la reconnaissance, par un signe de remerciement : on met son beau costume. D’ailleurs je remarque que vous tous avez revêtu un beau costume ce matin. Cela montre que vous voulez faire honneur au Seigneur qui vous invite et lui exprimer votre reconnaissance.

Suivons Marie sur ce chemin de la joie et de l’accueil. Elle a voulu, aux noces de Cana, que chaque invité soit bien traité. Elle nous accueillie aujourd’hui encore et nous conduit sur le chemin de la vie éternelle ! Amen ! Alleluia !

+ Mgr Jean-Pierre Delville, votre évêque.