Fête Nationale, 21 juillet 2020

Te Deum

Introduction de Mgr Jean-Pierre Delville

Cathédrale de Liège, 21 juillet 2020, 11h30

Mesdames et Messieurs en vos titres, grades et qualités,
Chers Frères et Sœurs chrétiens,
Chers Concitoyens,

Bienvenue à tous et à toutes !

En écho aux trois minutes de silence qui ont été observées à 10 h et qui ont été soulignées par le son des cloches, faisons un court moment de silence dans la mémoire de nos défunts et dans l’union spirituelle avec ceux qui souffrent et ceux qui luttent.

Dans le cadre de la crise sanitaire que nous vivons, la Fête nationale d’aujourd’hui est profondément marquée par les souffrances de nos concitoyens. Notre pensée et nos prières vont particulièrement vers ceux qui sont décédés à cause du coronavirus et vers leurs familles, auxquelles j’adresse toutes mes condoléances. Notre pensée et nos prières vont aussi vers le personnel soignant dans toutes ses composantes, car il s’est engagé corps et âme en luttant contre la pandémie et en soignant les malades ; nous le remercions de tout cœur. Je remercie aussi les équipes d’aumônerie d’hôpital qui se sent dépensées généreusement au service spirituel des malades. Notre pensée et nos prières vont à tous les responsables politiques de notre société, qui ont voulu prendre les décisions les plus opportunes dans cette situation : nous leur exprimons notre gratitude. Notre pensée et nos prières vont aussi vers tous nos concitoyens qui souffrent du confinement ou de la crise économique. Nous voudrions présenter au Seigneur dans ce Te Deum toutes les souffrances endurées pour qu’elles puissent être soulagées par la solidarité que la foi chrétienne propose ; nous voudrions présenter au Seigneur tous les efforts fournis, dans l’action de grâces pour ce qui a été fait et dans l’espérance pour ce qui sera fait, afin que les efforts fournis puissent être inspirés par la force de l’Esprit-Saint.

L’absence de réunions en présentiel et, pour les croyants, la privation de célébrations liturgiques a fait ressentir à chacun de nous l’importance des relations personnelles, la force de la vie sociale et la valeur de la prière. C’est pourquoi nous avons voulu, durant le confinement, diffuser par Youtube la messe célébrée dans cette cathédrale dans la plus stricte intimité.

Nous nous sommes tous interrogés sur le sens de notre vie, de nos relations, de notre finitude et nos engagements. Tous, nous sommes stimulés pour travailler à un monde meilleur, face aux défis que nous rencontrons. Ainsi, dans cette situation de pauvreté, nous voulons nous exprimer aujourd’hui par la prière.

La prière n’est pas de la magie, qui ferait appel à une action spectaculaire ou sensationnelle de Dieu. Jésus lui-même a dit au sujet de cette tendance à faire de Dieu un magicien : « tu ne tenteras par le Seigneur ton Dieu ».

Mais la prière est un appel à Dieu pour qu’il inspire nos esprits et nos cœurs, et nous donne la force d’agir par amour.

La prière est spécialement utile quand nous sommes petits et pauvres, parce que la force de Dieu se communique d’abord à ceux qui en ont le plus besoin et qui se trouvent dans la pauvreté ou l’humilité, comme on le voit à toute l’histoire du peuple d’Israël, qui était petit face aux Égyptiens, aux Babyloniens ou aux Romains, mais qui a toujours survécu aux attaques et aux conquêtes, grâce à la prière. Nous découvrons sur terre que nous sommes tous de petits peuples face à la pandémie ; Belges, Américains, Chinois, latino-américains, tous nous découvrons notre fragilité et nous avons besoin d’une force nouvelle.

Mais la prière n’est pas qu’une demande. Elle aussi action de grâces : malgré les souffrances et les échecs, nous sommes invités à dire merci. Peut-être que notre merci sera timide, dans l’épreuve que nous vivons. Mais le merci est moteur d’avenir, car il marque notre reconnaissance pour tout ce qui a été fait de beau et il prépare le futur. Nous remercions tous ceux qui se sont engagés, tous ceux qui ont communiqué de manière nouvelle, tous ceux qui ont donné de leur temps aux autres dans la difficulté, tous ceux qui construisent un avenir plus respectueux de l’être humain, plus respectueux de la dignité humaine et de la justice, plus respectueux de la création et de l’écologie. Nous remercions le pape François qui a voulu être actif dans la prière, spécialement durant le carême dernier, et qui nous demande de consacrer le mois de septembre prochain à l’écologie et au respect de la nature. Avec lui et tous les grands spirituels de notre temps, tournons-nous avec confiance vers l’avenir et construisons dès maintenant un monde meilleur.

photos : Jim Sumkey

 

 

 

 

 

 

Fête nationale, gerbe de l’évêque et du diocèse au monument national de la Résistance