La conversion écologique

 

Chers Frères et Sœurs,

Ce 1er septembre, c’est la Journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la Création. À la demande du pape François, tout le mois de septembre sera un «Temps de la Création», pour les catholiques et les chrétiens des autres Églises. Le pape invite à une démarche de conversion intérieure et collective.

© Diocèse de Liège, Vicariat Evangile & Vie

Le thème choisi par le pape pour ce temps œcuménique est : «Écoutez la voix de la Création». Pape François veut mettre en lumière «une sorte de dissonance dans la voix de la création. D’un côté, elle est un chant doux qui loue notre Créateur bien-aimé; de l’autre, elle est un cri amer qui déplore nos mauvais traitements humains». Ce mois de conversion écologique rappelle ainsi que nous devons fonder notre spiritualité sur «la conscience amoureuse de ne pas être déconnecté des autres créatures, de former avec les autres êtres de l’univers une belle communion universelle». Le pape ajoute : «Il est nécessaire d’agir, avec détermination» car «nous sommes en train d’atteindre un point de rupture». Il montre qu’il s’agit de converger ensemble vers des principes communs, pour arrêter l’effondrement en cours et sauver la biodiversité.

J’invite les UP et les groupes de chrétiens à travailler ces sujets en groupe, en utilisant les outils préparés sur ce sujet, en particulier la lettre du pape, publiée le 21 juillet. L’écologie en effet n’est pas un sujet réservé à quelques-uns ou promu seulement par le Service diocésain pour l’écologie, dirigé par Joaquim Lesne. C’est l’affaire de tous. Chacun est invité à être cohérent dans sa vie en matière d’écologie intégrale, comme dit le pape dans Laudato si’ (LS 200). Ce n’est pas secondaire que de respecter la création. La vision chrétienne de l’écologie est marquée par l’espérance et refuse le catastrophisme. Quand le Christ donne sa vision du monde de demain, le royaume de Dieu, il raconte la parabole du grain de blé qui pousse tout seul (Mc 4, 26-29), ou la parabole de la minuscule graine moutarde, qui devient un arbre (Mc 4, 30-32), ou la parabole du semeur (Mc 4, 1-20), dans laquelle la graine tombe enfin dans la bonne terre. Donc malgré sa petitesse et sa fragilité, la graine est porteuse de l’avenir et de la vie. Les multiples événements ou catastrophes du monde ne l’écraseront pas.

Ainsi le recours à l’écologie permet à Jésus de profiler son idée du royaume de Dieu et lui donne l’occasion de valoriser la dimension écologique de la foi chrétienne. Celle-ci concerne en effet non seulement la spiritualité, la société et l’être humain, mais aussi tout le cosmos et tout l’avenir de notre terre. Ce n’est donc pas secondaire de respecter la création (LS 217). Comme me le disait Joaquim Lesne, «pour moi, l’écologie, c’est bien plus qu’un job, c’est un élan du cœur ». Concrètement, on peut penser en particulier à l’hygiène de vie personnelle, aux témoignages dans les écoles, à l’enseignement au Centre diocésain de formation, à la gestion des terres agricoles par les fabriques d’église, aux relais dans les doyennés. Ce sont des leviers magnifiques pour valoriser l’écologie. On peut valoriser des lieux-phares, des écolieux, comme Béthel à Ferrières, le Chemin Neuf à Mehagne, l’initiative de Sur-les-Bois avec Philippe Pirlot, le potager communautaire de Glain, le jardin de Val-Dieu, le projet Tutti frutti de Brialmont, etc…

Si on insiste sur l’environnement, on ne doit pas oublier le social, car tout est lié, comme dit le pape François. Il y a le cri de la terre et le cri des pauvres… Le climat est lié à l’économie, à la technique, à la politique, à la science, à l’humanité, à l’éthique. Le sort de l’homme est lié à celui des plantes et des animaux. Même les insectes sont utiles : sans les abeilles, l’homme dépérit. Car elles assurent la pollinisation de 80 % des espèces de plantes. Pourtant les abeilles piquent et peuvent nous faire mal ! C’est comme les champignons : ils peuvent être vénéneux, mais pourtant ils font vivre les arbres, en créant une communication entre eux par leurs racines, par leurs filaments mycéliens.

Dans cet esprit de conversion écologique, je souhaite à tous de pouvoir commencer avec joie et intensité cette nouvelle année pastorale, avec la conviction que l’annonce de l’évangile ouvre un avenir de bonheur pour l’humanité.

+ Jean-Pierre Delville, votre évêque