Haïti et nous – Haiti und Wir

Écoutons l’appel du peuple haïtien – Hört auf den Aufruf des haitianischen Volkes

 

Chers Amis, Chers Frères et Sœurs,
Liebe Freunde, Liebe Brüder und Schwestern,

Notre carême de partage 2020 nous incite à relever les défis de la détresse de la République d’Haïti, grâce à notre participation à l’action de notre ONG Entraide & Fraternité. Haïti, pays insulaire d’Amérique centrale, a vécu des catastrophes récentes et ne se remet pas de sa situation dégradée. Cela fait dix ans que le pays a été victime d’un terrible tremblement de terre, le 12 janvier 2010. Ce séisme a fait plus de 280.000 morts, 300.000 blessés et 1,3 million de sans-abris. Depuis lors, Haïti s’enfonce dans une grave crise politique, sociale, environnementale et climatique. La pauvreté est extrême et l’environnement se dégrade. Le pouvoir est détenu par une élite accapareuse et corrompue. C’est pourquoi nous devons soutenir les partenaires haïtiens d’Entraide & Fraternité, avec lesquels les relations sont constantes et nous devons venir à la rencontre de ce peuple debout.

Die diesjährige Fastenzeit 2020 fordert uns auf, durch unsere Teilnahme an der Fastenaktion von Miteinander Teilen, uns den Herausforderungen der Notlage der Republik Haiti zu stellen. Der mittelamerikanische Inselstaat Haiti erholt sich nur sehr langsam von den in jüngster Zeit erlebten Katastrophen, und die Situation vor Ort verschlechtert sich. Vor nunmehr zehn Jahren, am 12. Januar 2010, hat ein Erdbeben das Land schwer getroffen. Bei dem Erdbeben kamen mehr als 280.000 Menschen ums Leben, 300.000 wurden verletzt und 1,3 Millionen wurden obdachlos. Seitdem durchlebt Haiti eine schwere politische, soziale, ökologische und klimatologische Krise. Es herrscht extreme Armut und Umweltzerstörung. Die Macht wird von einer monopolistischen und korrupten Elite ausgeübt. Deshalb müssen wir den Menschen vor Ort über die haitianischen Partner von Miteinander Teilen, zu denen die Beziehungen konstant sind, zu Hilfe eilen.

Les évêques d’Haïti nous invitent à ouvrir les yeux sur la situation. Ils écrivaient récemment que, devant cette détresse indescriptible, ils refusaient de se voiler la face : « Existe-il une violence plus atroce que celle de vivre constamment dans l’insécurité ? Y-a-t-il pire que la misère noire qui enlève tout espoir ? », se demandent les évêques. Ils ajoutent : « Aucun peuple ne doit accepter la misère, la pauvreté, la violence de manière défaitiste. L’heure est donc à un sursaut de conscience ».

Die haitianischen Bischöfe bitten uns, uns der Situation vor Ort bewusst zu sein. Sie teilten uns kürzlich mit, dass sie sich angesichts dieser unbeschreiblichen Not weigern, ihre Augen zu verschließen. Sie stellen sich folgende Fragen: „Gibt es Gewalt, die grausamer ist als die, ständig in Unsicherheit zu leben? Gibt es etwas Schlimmeres als unsägliche Armut, die alle Hoffnung nimmt?“; und sie fügen hinzu: „Niemand sollte Elend, Armut und Gewalt auf defätistische Weise akzeptieren. Es ist also an der Zeit, an sein Gewissen zu appellieren.“

Après ces constatations, les évêques pointent une des causes de la dégradation du pays : « Si l’île a atteint ce point de non-retour, écrivent-ils, c’est à cause du comportement de ses dirigeants. Ce n’est plus le moment de clamer que nous sommes tous coupables. Ce n’est pas la vérité. Ni de dire que nous condamnons la violence, d’où qu’elle vienne : elle a une origine ». Et ils poursuivent avec sévérité : « Malgré nos appels répétés depuis bientôt deux ans, les actuels dirigeants, élus et responsables politiques d’Haïti restent sourds, occupés à gérer leur pouvoir, leurs privilèges et leurs intérêts mesquins ». On le voit, les évêques dénoncent les causes de la misère. Ils appellent la population à s’unir pour « dérouter l’insécurité, la corruption, l’impunité, la violence et tous les germes de mort ». « Dieu nous a créés pour la vie. Pour cela, nous avons le droit d’exister et de vivre dignement », concluent les évêques.

Nach diesen Beobachtungen weisen die Bischöfe auf eine der Ursachen für die Verschlechterung der Situation im Land hin: „Wenn die Insel diesen Punkt ohne Rückkehr erreicht hat“, schreiben sie, „liegt dies am Verhalten der Machthaber. Jetzt ist nicht mehr die Zeit zu behaupten, dass wir alle schuldig sind. Dies entspricht nicht der Wahrheit. Wir sollten auch aufhören, jegliche Gewalt zu verurteilen. Denn sie hat sehr wohl einen Ursprung.“ Und sie fahren mit Strenge fort: „Trotz unserer wiederholten Aufrufe seit fast zwei Jahren bleibt die aktuelle Führungselite, – gewählte und politische Machthaber von Haiti -, taub und ist damit beschäftigt, ihre Macht, Privilegien und kleinen Machenschaften zu wahren.“ Wie wir sehen können, prangern die Bischöfe die Ursachen des Elends an. Sie fordern die Bevölkerung auf, sich zusammenzuschließen, um sich „Unsicherheit, Korruption, fehlender Strafverfolgung, Gewalt und allen Ursachen von Tod entgegenzustellen“. „Gott hat uns für das Leben geschaffen. Daher haben wir das Recht zu existieren und in Würde zu leben“, schließen die Bischöfe.

Puisque la population d’Haïti veut ainsi prendre en mains son avenir, nous devons être solidaires de son engagement et de son courage. Durant le carême, chacun de nous est invité à vivre cette solidarité internationale. Beaucoup de peuples du monde sont victimes d’injustice. Seul le partage des ressources et des compétences permet de sortir de la misère et du dénuement. Ce partage est porté par la prière, car le partage est aussi un acte de foi. Comme le montre Jésus, dans l’évangile qui est lu au début du carême, le mercredi des Cendres, trois attitudes vont de pair : aumône, prière et jeûne (Mt 6,1-18). Dans chacune de ces trois attitudes, Jésus invite à la discrétion. Il commence par prononcer une phase imagée et paradoxale : « Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite ». Puis il explique clairement : « Que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra » (Mt 6,3-4). Ainsi Jésus nous invite à l’authenticité dans nos gestes et nos attitudes. Car faire l’aumône ostensiblement signifie se donner en spectacle aux autres et surtout se donner en spectacle à soi-même ; cela revient à s’illusionner soi-même. Ainsi le geste devient une tromperie, il est détourné de son intention profonde. Par contre, si le geste est fait dans le secret, de manière discrète, il est vu par Dieu seul, qui voit dans le secret. Ce regard de Dieu, appelé ici « ton Père », est synonyme de regard de vérité et de sincérité. Quand Jésus dit : « ton Père te le rendra » (littéralement, « ton Père te donnera en retour »), il suggère que ce don en retour est le don d’une relation authentique, qui donne vie à chacun. Soyons donc attentifs au regard que nous portons sur les autres et sur nos propres actions, afin d’y chercher l’authenticité des relations, qui fait grandir chacun.

Da die Menschen in Haiti auf diese Weise die Verantwortung für ihre Zukunft übernehmen wollen, müssen wir mit ihrem Engagement und ihrem Mut solidarisch sein. Während der Fastenzeit ist jeder von uns eingeladen, diese internationale Solidarität zu leben. Viele Völker der Welt sind Opfer von Ungerechtigkeiten. Nur das Teilen von Ressourcen und Fähigkeiten ermöglicht es, aus Not und Armut herauszukommen. Das Teilen wird durch unser Gebet getragen, denn es ist auch ein Akt des Glaubens. Wie Jesus uns zeigt, gehen drei Handlungen in dem Evangelium, das zu Beginn der Fastenzeit am Aschermittwoch gelesen wird, ineinander über: Almosengeben (Teilen), Gebet und Fasten (Matt. 6,1-18). Jede dieser drei Handlungen geschieht diskret, in Stille. Jesus beginnt mit einer bildlichen und paradoxen Aussage: « Wenn du Almosen gibst, soll deine linke Hand nicht wissen, was deine rechte tut, damit dein Almosen im Verborgenen bleibt; und dein Vater, der auch das Verborgene sieht, wird es dir vergelten » (Mt 6,3-4). So lädt uns Jesus zur Wahrhaftigkeit in unserem Denken und Handeln ein. Denn Almosen öffentlich zu geben bedeutet, anderen und sich selbst eine Show zu liefern, etwas vorzumachen. Man täuscht somit eine gutgemeinte Absicht vor und die tiefe Bedeutung der Geste des Teilens verliert ihren Wert. Wenn andererseits die Geste diskret im Verborgenen gemacht wird, wird sie nur von Gott gesehen, der auch das Verborgene sieht. Dieser Blick Gottes, der « dein Vater » genannt wird, ist gleichbedeutend mit einem Blick der Wahrheit und Aufrichtigkeit. Wenn Jesus sagt: « Dein Vater wird es dir vergelten » (wörtlich « Dein Vater wird es dir zurückgeben »), schlägt er vor, dass dieses Geschenk im Gegenzug das Geschenk einer authentischen Beziehung ist, die jedem Leben gibt. Achten wir also darauf, wie wir andere und unsere eigenen Handlungen betrachten, um Beziehungen authentisch zu leben, damit ein jeder an ihnen wachsen kann.

C’est cette relation authentique que nous sommes invités à construire avec Dieu et avec nos frères et sœurs d’Haïti et d’autres pays défavorisés, durant ce carême. Elle nous construit nous-mêmes comme êtres humains et construit les autres comme partenaires. Ainsi nous devenons tous bâtisseurs d’une civilisation de l’amour ! Bon carême à tous !

Es ist der Aufbau dieser authentischen Beziehung mit Gott und unseren Brüdern und Schwestern in Haiti und anderen benachteiligten Ländern, zu der wir während dieser Fastenzeit eingeladen sind. Sie baut unsere Menschlichkeit auf und macht andere zu unseren Partnern. So werden wir alle zu Baumeistern einer Zivilisation der Liebe! Ihnen allen eine besinnliche Fastenzeit!

† Jean-Pierre Delville, votre évêque – Ihr Bischof.

 

Source : Entraide et Fraternité, Juste Terre!, Spécial campagne de carême, n°168, mars 2020, Supplément, p. 3-5.

Traduction en allemand : Marc Dahm