Homélie de Noël 2017 – La surprise de Noël !

 

Chers Frères et Sœurs !

En ce soir de Noël, nous avons échangé des cadeaux. Quand on offre des cadeaux, on leur met un emballage. Pourquoi ? Pour cacher le cadeau. Parce que le cadeau doit être une surprise ! Les cadeaux de Noël sont des surprises ! On ne sait pas trop ce qu’on va découvrir en déballant le cadeau.

En effet, la fête de Noël, c’est une surprise ! Ce sont même des surprises en série ! Cela commence par des mauvaises surprises : Marie et Joseph doivent quitter Nazareth pour se faire se recenser dans la ville natale de Joseph, Bethléem (Lc 2,1-7). C’est un voyage éprouvant pour le couple et surtout pour la jeune maman, première mauvaise surprise. Puis arrivés à destination, les parents découvrent qu’il n’y a plus de place pour eux à l’auberge : deuxième mauvaise surprise. Puis subitement Marie sent venir les contractions, elle doit accoucher en vitesse : elle se réfugie dans l’étable avec les animaux, troisième mauvaise surprise. Mais voilà que la tendance s’inverse : Marie met au monde un bel enfant ; l’accouchement s’est bien passé et la crèche sert de berceau : première bonne surprise! Et voilà que la famille reçoit de la visite : des bergers viennent visiter l’enfant Jésus, deuxième bonne surprise. Et surtout, cerise sur le gâteau, ils ont entendu la bonne nouvelle qu’il s’agit du Messie, du Seigneur. Et ils entendaient le message des anges disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Cela c’est la surprise totale : dans cet enfant pauvre, se trouve le Messie, le Seigneur Dieu lui-même ; il apporte la paix sur Terre. C’est cela la divine surprise de Noël. C’est un cadeau pour l’humanité ! Et c’est pourquoi nous échangeons des cadeaux surprises à Noël ! Noël, c’est la surprise qu’il y un espoir pour l’humanité, qu’il y a un Dieu qui unifie l’humanité, qu’il y a une force de paix pour le monde.

Une beau cadeau-surprise de Noël, cette année-ci, c’est l’arrivée des premières familles syriennes arrivées en Belgique grâce à l’ouverture des couloirs humanitaires ouverts le 22 novembre dernier. L’initiative est due à la Communauté S. Egidio et est soutenue par les toutes les Églises et religions de Belgique. Il s’agit de permettre à des réfugiés d’arriver avec des papiers en règle et de voyager en sécurité sans risquer sa vie dans la Méditerranée.  Chaque diocèse ou vicariat accueillera dix personnes au cours de l’année qui vient. Les familles ont beaucoup souffert en Syrie, le pays est en partie détruit et les villes sont inhabitables. Il est important de donner un asile aux réfugiés, spécialement aux familles avec de jeunes enfants. C’est pourquoi cette initiative a été prise. Je remercie ceux qui accueilleront une famille dans leur paroisse. Pour aider nos communautés chrétiennes à accueillir ces familles, la collecte de ce soir sera destinée à l’accueil des réfugiés syriens qui arrivent par les couloirs humanitaires. Merci d’avance pour votre générosité !

Un autre cadeau-surprise de cette fête de Noël, c’est la célébration à laquelle nous participons. La liturgie de Noël est comme une magnifique emballage pour un cadeau mystérieux qu’on ne peut pas percevoir de façon immédiate. Cette prière de Noël, avec les chants et la crèche, les cierges et les lectures bibliques, les prières et les ornements liturgiques, est comme un emballage-cadeau pour le mystère de la foi que nous célébrons. Les sons, les odeurs et les couleurs de la liturgie sont comme l’habillage du mystère d’amour qui nous est donné. Ce mystère d’amour est ce qui motive toute notre vie ; l’amour est un mystère que nous vivons, le mieux possible ; mais il nous est donné comme un cadeau, l’amour est d’abord reçu avant d’être donné. En cette nuit de Noël nous commémorons ce don de l’amour qui nous précède, et qui s’incarne dans l’enfant Jésus. Nous commémorons dans cette eucharistie le don de soi de Jésus et son invitation à communier avec lui. Pour cela il nous donnera son corps et son sang que nous recevrons en communion sous les espèces du pain et du vin. Là aussi se manifeste l’emballage du cadeau, qui cache un amour plus grand que nous ne pouvons imaginer !

Chers Frères et Sœurs, je vous invite ce soir à être reconnaissants pour le cadeau que nous recevons en cette fête de Noël. Que ce cadeau vous anime durant toute votre vie.  Puissiez-vous le découvrir de plus en plus et de jour en jour. Mais j’ajouterais que le cadeau, on n’a pas seulement la joie de le recevoir ; on a aussi la joie de le donner ! À Noël, nous ranimons en nous l’esprit de don, la capacité de partage, la volonté de penser aux autres. En effet le cadeau de l’enfant Jésus stimule notre capacité d’aimer et notre volonté de protéger celui qui est petit et fragile. Noël ranime en nous la capacité d’aimer et d’être solidaire. Noël rend le monde entier meilleur. Alors n’éteignons pas en nous cette capacité d’aimer et gardons la pendant toute l’année qui vient. N’attendons pas le prochain Noël pour prier, pour communier, pour recevoir la grâce de Dieu à travers le merveilleux emballage que le Seigneur nous offre dans la célébration de la liturgie. Ainsi la surprise du don de Dieu pourra nous toucher de jour en jour et élargir notre cœur aux dimensions de toute l’humanité. Et le message de Noël pourra retentir dans tous les cœurs et se concrétiser partout : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur terre aux hommes qu’il aime ». Amen ! Alleluia !

+ Jean-Pierre Delville, votre évêque.