Isabelle LECOCQ et Yves DUBOIS, Commémorations dans la lumière et la couleur. Vitraux de guerre et patriotiques en Wallonie et à Bruxelles, Namur, 2018, 356 pp., 175 illustrations, 35 €.

Huy, collège Saint-Quirin, atelier Osterrath, 1922. © Photo Isabelle Lecocq

Publié par l’AWaP (Agence wallonne du Patrimoine), ce bel ouvrage a une connotation particulière : il est dédié à tous ceux qui ont donné leur vie ou ont souffert durant les guerres qui ont affligé notre pays. Il recense, de manière aussi exhaustive que possible, des vitraux auxquels on ne prête guère attention : ceux qui, dans les édifices civils et religieux en Wallonie et à Bruxelles, se rapportent à la Première et à la Seconde Guerre mondiale, et qui commémorent des moments tragiques de l’histoire de Belgique.

Ils sont plus de trois cents à avoir été créés dans le contexte des conflits armés. Deux cents lieux ont été répertoriés. Conservés ou disparus, ces œuvres sont replacées dans leur contexte historique, socio-politique et artistique. Auteurs, ateliers, sujets iconographiques, formes, styles, financements… sont analysés à la lumière de documents d’archives.

Un demi-siècle de l’histoire du vitrail en Belgique s’offre au lecteur au travers de reproductions photographiques exceptionnelles et pour la plupart inédites.

Les vitraux d’après-guerre s’inscrivent dans une démarche très ancienne : la commémoration de personnes disparues. Il en va de même pour les morts de la guerre. À l’image des ex-voto en remerciement de grâces obtenues, les vitraux d’après-guerre participent aussi à une démarche de reconnaissance, au même titre que les monuments aux morts et les plaques commémoratives apposées dans les maisons communales, les églises, les écoles. Les uns et les autres sont destinés à rappeler le sacrifice des soldats et les victimes civiles, à pleurer les disparus et à honorer les survivants. Et à transmettre le souvenir des gardiens de notre liberté !

Des témoins fragiles à préserver…

Marylène Laffineur-Crépin