Carême de partage : Mgr Ntahondereye à Verviers et Liège

vendredi 09 février 2018

Le 14 février, à l’occasion du début du Carême de Partage d’Entraide et Fraternité, Mgr Joachim Ntahondereye, évêque burundais, entame par le diocèse de Liège sa visite auprès des paroisses et des bénévoles belges.

Cette année, Entraide et Fraternité a choisi d’axer cette campagne sur ses partenaires en RD du Congo et au Burundi qui œuvrent en faveur de l’agriculture paysanne familiale dans un contexte de valorisation du rôle des femmes. Aujourd’hui, par un ambitieux programme tout à la fois de formations et de financement de matériel et de bétail, ces deux défis intimement liés à des fins de souveraineté alimentaire seront relevés grâce à la générosité des collectes du Carême de Partage qui y seront dédiées les 10-11 mars et 24-25 mars.

Mgr Ntahondereye sera à Verviers (église Marie-Médiatrice) le 14 février pour une rencontre-témoignage avec les enfants (13h30) puis participera à la messe des cendres (17h) ; il sera à Liège (Espace Prémontrés) le 16 février pour une conférence sur la question du genre avec Ignace Berten.

Témoin privilégié

Le choix de l’évêque de Muyinga (Burundi), qui est aussi président de la Conférence des évêques catholiques de ce pays, comme témoin privilégié de cette campagne n’est évidemment pas le fruit du hasard. Lui-même est issu d’une famille pauvre; lui-même a connu la discrimination (adolescent, il a fui son pays pour la Tanzanie en raison des persécutions perpétrées par le régime hutu sur les Tutsis); lui-même a mis la dignité humaine au centre de sa mission pastorale; lui-même s’est engagé auprès des paysans de sa région. Il s’est notamment impliqué dans le développement du Centre agropastoral de Mutwenzi, que soutient Entraide et Fraternité. “Je n’épargnerai rien pour que notre population mange à sa faim et devienne protagoniste de son histoire au lien de la subir, explique-t-il. La charité authentique consiste à remettre l’autre debout, à le rendre digne, libre, capable de répondre à son destin d’infini.

Mgr Ntahondereye est très sensible aux droits de tout être humain et au respect de sa dignité. “La dignité, affirme-t-il, implique nécessairement le développement intégral de la personne humaine. Notre mission d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ exige aussi de nous de porter le souci d’un développement qui permette aux personnes et aux communautés de vivre selon la dignité que nous tenons du Créateur. En vertu de cette exigence inhérente à notre mission, nous devons combattre tout ce qui en nous ou autour de nous offense cette dignité.”

Soif de justice

D’une enfance en exil et dans la précarité économique, il n’a pas gardé de ressentiment mais il en a “tiré plutôt une grande sensibilité au sort injuste et malheureux de quiconque en ce monde est privé de droits, et surtout du droit de jouir du fruit de son propre labeur”. Il a également gardé le souvenir édifiant de son père qui, “tout en ignorant tout de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, tolérait volontiers que les enfants des voisins volent dans ses champs des tubercules de manioc à grignoter.” D’où sans doute sa soif de justice et de dignité.

Jean-François LAUWENS

Source : Dimanche-Eglise de Liège N°06 du 11 février 2018

Photo : Mgr Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga (Burundi) – © Entraide et Fraternité